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Les relations entre les règles des accords multilatéraux sur l'environnement et celles de l'OMC

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par Sandrine DAVANTURE
Université Paris 2 Panthéon Assas - DEA 2003
  

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C. Les différends Crevettes/Tortues.

En application d'une loi de 1973 sur les espèces marines menacées d'extinction, les Etats-Unis avaient publié en 1987 des règlements obligeant tous les crevettiers des Etats-Unis à utiliser des dispositifs d'exclusion des tortues marines (DET), ou de réduire le temps de chalutage dans des zones déterminées où la mortalité des tortues marines à bord était très importante. Ces règlements ont été modifiés de façon à ce que les DET soit d'utilisation obligatoire en toute saison et en tout lieu lorsque le chalutage des crevettes risque d'avoir des influences sur la survie des tortues marines. L'article 609 b) 1) de la loi adoptée le 21 novembre 1989 interdit à compter du 1er mai 1991 l'importation de crevettes péchées avec des techniques de pêche commerciales susceptibles de nuire aux tortues marines. L'article 609 b) 2) dispose que l'interdiction d'importer des crevettes ne s'applique pas aux pays qui ont été certifiés. A contrario donc, les pays non certifiés voyaient leurs exportations interdites. C'est donc contre cette mesure que l'Inde, la Malaisie, le Pakistan et la Thaïlande s'élevèrent. Pour ces parties, cette réglementation aurait pour effet d'établir une discrimination injustifiée entre les pays pratiquant une pêche soumise à des DET selon que ces pays soient ou non certifiés.

Par directives adoptées en 1991, les pays de la région des Caraïbes et de l'Atlantique-Ouest bénéficiaient d'un délai de trois ans supplémentaires pour la mise en place de la certification, et une convention interaméricaine pour la protection et la conservation des tortues marines avait été conclue entre les Etats-Unis et certains pays d'Amérique du Sud. Ces directives et convention faisaient donc apparaître une différence de traitement par rapport aux Etats tiers.

L'Organe d'appel devait décider de la compatibilité de ces mesures avec les règles de l'accord général, mesures ayant officiellement pour objectif la préservation de l'environnement, mais qui en réalité pouvaient constituer des restrictions commerciales déguisées.

Pour les Etats-Unis, cette réglementation était pleinement conforme aux exigences de l'article XX de l'accord général qui autorise l'application de mesures ayant pour effet de restreindre les échanges commerciaux si celles-ci sont justifiées par la protection de ressources naturelles épuisables (Article XX g)).

1. Le premier rapport rendu par l'Organe d'appel.

Dans son premier rapport, l'Organe d'appel a conclu à l'incompatibilité des mesures américaines avec le système du GATT. Mais il a tout de même reconnu que les mesures prises par les Etats-Unis étaient justifiées au regard du point g) de l'article XX. Tout d'abord parce que les tortues sont bien des ressources naturelles épuisables, surtout les cinq espèces de tortues marines en cause qui sont protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d'extinction (CITES). Ensuite parce que les mesures concernées se rapportent directement à la conservation de ces ressources naturelles épuisables. Enfin parce que ces mesures sont appliquées conjointement avec des restrictions à la production ou à la consommation nationale puisque depuis 1987, les crevettiers américains sont soumis à des règles similaires.

Ainsi, la mesure contestée (l'article 609) répond aux critères de l'article XX g). Elle est donc provisoirement justifiée à ce titre.

Même si ce premier rapport condamne les Etats-Unis en vertu de la discrimination arbitraire qu'instauraient leurs mesures, il a le mérite de reconnaître que les tortues sont des ressources naturelles épuisables et que de ce fait les mesures prises par les Etats-Unis pour les protéger peuvent bénéficier d'une justification provisoire.

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