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Le contrôle des deniers publics dans les contrats publics des entreprises publiques au Cameroun


par Basile Martinien ONDOA OMGBA
Université de Douala - Master 2 en Droit Public Interne 2021
  

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PARAGRAPHE 1 : LE CONTROLE REMARQUABLE DU CONSUPE ET DE

L'ANIF

Littéralement, le contrôle de gestion renvoie au contrôle de l'entreprise publique, de la gouvernance et de la gérance d'un ensemble constitué. Il est l'activité qui conduit à l'encadrement ; voir, la maîtrise de la conduite d'une structure organisationnelle en prévoyant les évènements, définissant les objectifs, les moyens à prévoir en effectuant une comparaison entre les performances et l'atteinte des objectifs. Au vu de sa pertinence, le CONSUPE est chargé du contrôle de la gestion financière des personnes publique (A), ce qui renseigne sur le cantonnement de l'ANIF dans la lutte contre le blanchiment des capitaux (B).

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A- LA PERTINENCE DU CONTROLE DU CONSUPE

Bien plus, l'aménagement de la mise en oeuvre du contrôle de gestion au Minfi a donné lieu à la nomination de plusieurs contrôleurs de gestion au sein de ce département ministériel dès 2014. L'objectif de l'aménagement de la mise en oeuvre du contrôle de gestion étant de responsabiliser davantage les gestionnaires de crédits et de leur faire participer à l'assainissement préventif et curatif de leur gestion. Pour mieux comprendre le CONSUPE, il importe de traiter de sa nature (1) et de sa mission (2).

1) Une institution sui generis

Au Cameroun, la juridiction sui generis est exercée par le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière depuis le décret du 5 mars 19971867 en remplacement du Conseil de Discipline Budgétaire et comptable. Il s'agit d'une juridiction sui generis parce qu'elle est particulière. En effet, relevant de l'administration, elle officie paradoxalement comme un juge en prononçant des décisions à caractère juridictionnel revêtues de l'autorité de chose jugée1868. La mise en oeuvre du contrôle de gestion au CONSUPE en vue de l'atteinte de la performance est une réalité. De nombreuses réformes ont été engagées dans ce sens si bien qu'il peut être relevé l'existence d'un dispositif conceptuel du management de la performance. A cet effet, plusieurs textes de nature financière font référence au contrôle de gestion tant implicitement qu'explicitement. Cette reconnaissance du contrôle de gestion comme forme de contrôle administratif est davantage confirmée par son évocation dans la loi portant régime financier de l'Etat en écho aux directives CEMAC qui le prévoient.

Le travail du CONSUPE est rendu facile par le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière (CDBF). La doctrine camerounaise s'accorde sur la compétence quasi juridictionnelle du CDBF. Selon le Professeur Maurice KAMTO, « Le CDBF fonctionne comme une instance juridictionnelle qui ne délibère qu'en présence de tous ses membres et devant laquelle le mis en cause peut exercer son droit à la défense. »286. Il s'agit donc d'une quasi-juridiction287.

286 KAMTO (M), «La chose publique», in Revue Africaine des sciences juridiques, Vol 2, n° 1, 2001, pp. 9-18, Spéc., p.14.

287 MPESSA (A), «Le conseil de discipline budgétaire et financière à l'épreuve de la protection de la fortune publique au Cameroun», in Juridis Périodique n° 92, Oct-nov-déc 2012, p. 84-87. Pour l'auteur, le CDBF est «(...) une quasi-juridiction administrative spécialisée. ». Voir également OWONA (J), Le contentieux administratif de la République du Cameroun, l'Harmattan, Paris, 2011, p. 175. Le Professeur Joseph OWONA établit que le CDBF «(...) met en oeuvre avant toute sanction une procédure fortement juridictionnalisée. ».

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2) Le contrôle des gestionnaires de crédits publics

Le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière est compétent sur toutes les irrégularités commises sur les dépenses et les recettes publiques. Cette Cour doit juger les fautes de gestion commises par les gestionnaires publics, et plus particulièrement les ordonnateurs. Les justiciables du Conseil de discipline budgétaire et financière peuvent, principalement, être incriminés pour des infractions aux règles relatives à l'exécution des recettes et des dépenses, pour avoir procuré ou tenté de procurer à autrui un avantage injustifié, pécuniaire ou en nature, entraînant un préjudice pour le Trésor, la collectivité ou l'organisme intéressé288, et pour toute personne chargée de responsabilités dans une entreprise publique, d'avoir causé un préjudice grave à cet organisme, par des agissements manifestement incompatibles avec les intérêts de celui-ci, par des carences graves dans les contrôles qui lui incombaient, ou par des omissions ou négligences répétées dans son rôle de direction289. S'il s'agit ici pour le juge financier d'apprécier le comportement des fonctionnaires ou d'agents, cette appréciation se fait au regard des règles du droit public financier.

Ainsi, au titre de l'article premier du décret suscité, le Conseil est chargé de la sanction des responsabilités des ordonnateurs et gestionnaires de crédits et des entreprises publiques. A ce titre, il sanctionne les irrégularités et les fautes de gestion commises par les ordonnateurs et les gestionnaires de crédits publics. Il sanctionne aussi les irrégularités et fautes de gestion commises par les Commissaires aux comptes, Censeurs et Commissaires du gouvernement auprès des entreprises publiques et toute personne agissant en leur qualité. Il statue par décision.

C'est au regard de ces considération que le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière assure la régularité de la commande publique. Et ceci, en sanctionnant toute violation des gestionnaires publics au code des marchés publics ; en assurant le respect des procédures de passation des contrats publics. C'est bien dans ce contexte qu'il assure le contrôle des contrats publics.

288 Article 2 (1) du décret n°2008/028 du 17 janvier 2008 portant organisation et fonctionnement du CDBF.

289 Voir l'article 3 de la loi n° 74/18 du 03 décembre 1976 relative au contrôle des ordonnateurs et gérants de crédits publics.

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B- LA QUINTESSENCE DU CONTROLE DU BLANCHIMENT DES CAPITAUX PAR L'ANIF

Ces dernières décennies ont vu s'amplifier la mondialisation de la lutte contre la finance criminelle, notamment, contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT). Une politique d'harmonisation des processus et procédures de lutte fondée sur les standards internationaux, en l'occurrence les recommandations du Groupe d'Action Financière (GAFI), s'est imposée aux pays à travers le monde : Au plan législatif, les Etats sont contraints de se doter de lois incriminant le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Au plan institutionnel, la création de cellule de renseignement financier est devenue une exigence au niveau national. La conduite d'évaluation nationale des risques de Blanchiment de Capitaux et Financement du Terrorisme (BC/FT), l'élaboration de stratégie nationale de LBC/FT, l'évaluation des pays par les pairs, le renforcement des capacités des acteurs de la lutte et la coordination nationale et la coopération internationale sont désormais prônés. C'est dans cette perspective qu'a été créée l'Agence Nationale des Investigations Financières (1) dont les attributions sont augustes (2).

1) L'institution de l'ANIF

L'Agence Nationale d'Investigation Financière est la Cellule de Recherche Financière du Cameroun, instituée par le Règlement n°01/03CEMAC-UMAC-CM du 04 avril 2003 portant prévention et répression du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme en Afrique Centrale. Le décret n° 2005/187 du 31 mai 2005 la rend opérationnelle en fixant son organisation et les modalités de son fonctionnement. Ce règlement CEMAC porte prévention et répression du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme en Afrique Centrale.

2) Les attributions de l'ANIF

En effet, L'ANIF a pour missions principales : de recevoir, traiter et transmettre éventuellement aux autorités judiciaires compétentes tous les renseignements propres à établir l'origine des sommes ou la nature des opérations faisant l'objet de la déclaration de soupçon au titre de la lutte contre le financement du terrorisme; de constituer une banque de données d'informations utiles en matière de lutte contre la délinquance financière concernant les déclarations de soupçon, les opérations effectuées, ainsi que les personnes ayant effectué l'opération, directement ou par personnes interposées ; d'obtenir des informations utiles à la

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mission des autorités judiciaires et de contrôle des assujettis. Les attributions de l'ANIF se rapprochent sans confondre à celles de la CONAC.

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