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Tanger, quel régime de zone franche ?

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par Rachid OUIAZZANE
Université Paris Dauphine - Master Administration Fiscale 2008
  

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CONCLUSION GENERALE

En définitive, l'expérience marocaine dans le domaine des zones franches surtout d'exportations, le régime dérogatoire en matière d'incitations fiscales à l'investissement en général et les incitations fiscales destinées aux entreprises implantées dans les ZF montre. La préoccupation d'une vision intégrée et d'une insertion globale d'un tel régime dans la politique économique de développement, ainsi que Les coûts et les avantages des zones franches pour Maroc ont été également développés.

Il n'y a pas de prescription idéale de régime à appliquer dans toutes les zones franches. Chaque Etat doit élaborer son propre régime incitatif selon ses stratégies, ses moyens, ses capacités et les objectifs qu'il veut atteindre. Les autorités faisant souvent appel à leur imagination, et à la comparaison des systèmes des ZF déjà mis en place par les Etats semblables, elles doivent adapter leur régime aux spécificités du pays et le perfectionner pour en tirer le maximum.

Le rôle des incitations fiscales dans la panoplie des incitations proposées dans le cadre des ZFE, on l'a vu, ne constitue pas le facteur décisif dans la décision d'implantation des entreprises. Le facteur fiscal influe seulement la décision des investisseurs lorsque les autres facteurs s'égalises. L'accessibilité des marchés, la stabilité et l'orientation des régimes politiques, la qualité des infrastructures, la disponibilité et la qualification de la main-d'oeuvre, les conditions monétaires et financières, représentent des facteurs parfois plus décisifs, dont l'importance respective varie selon la nature des investissements à réaliser.

L'expérience des ZFE au Maroc est plutôt satisfaisante après 10 ans de leur démarrage effectif :

- au niveau fiscal, on a vu le développement du régime d'incitation fiscal. Le taux de l'IS par exemple à fait l'objet de trois révisions : avant 2000, le taux de l'IS était de 10% durant les 15 premières années d'exploitation, avec un retour au taux 35% de droit commun à la fin de la période ; la loi des finances pour l'année 2000 a ramené le taux de l'IS appliquée aux entreprises installées dans les ZFE à 8,75% ; et enfin, la loi des finances pour l'année 2001 qui a modifié la structure des périodes d'exonération, exonération totale de 5 ans, un taux réduit de 8,75% durant les 10 exercices consécutifs suivants et 17,5% permanent.

- au niveau de la gestion des ZFE, on a vu le rôle des sociétés TFZ et TMSA dans la promotion et la commercialisation des dites zones. l'implication des autorités locales et le renforcement de la gestion déconcentrée de l'accompagnement et l'aide à l'investissement ont données résultat.

- concernant les faiblesses en infrastructures, la lenteur bureaucratique, et les obstacles législatifs et réglementaires, ont été considérablement surmontés.

Toutefois, les ZFE constituent un optimum de second rang du point de vue économique, car elles ne profitent qu'à un petit nombre et créent des distorsions dans l'attribution des ressources, mais elles peuvent contribuer à encourager la libéralisation des échanges au niveau national. L'amélioration de l'environnement économique par la libéralisation des échanges et des investissements, la création d'infrastructures de qualité, le respect du droit et la simplification des procédures administratives reste la solution optimale pour encourager l'investissement, l'emploi et la croissance.

Cependant le gouvernement doit procéder continuellement à une analyse approfondie des coûts et des avantages avant et après la mis en oeuvre du projet de ZFE. L'analyse des coûts et avantages concerne principalement certains éléments clés comme l'IDE, les recettes d'exportations et en devises, emploi, transferts de technologies, investissement dans les infrastructures, pertes de recettes fiscales et subventions. Le rendement est plutôt raisonnable :

- au niveau des IDE, l'accroissement soutenue du nombre et du montant des capitaux investis, démontre que les ZFE ont réalisées une partie de leurs objectifs et que l'avenir du projet est garanti. Il connaitra certainement encore plus de développement du fait de l'amélioration du climat d'investissement dans la région. Confirmant toujours que les autres mesures d'accompagnement sont capitales pour la réussite d'un projet de ZFE.

- l'emploi et les recettes d'explorations sont bien sûr augmentés, résultat direct de l'augmentation des investissements étrangers et nationaux dans les ZFE. Mais, un régime de ZFE - théoriquement temporaire - ne peut pas être la solution définitive des problèmes de développement.

- le transfert de technologies est souvent difficile à mesurer. Mais l'expérience montre que les entreprises implantées dans les zones franches ont toujours un effet positif sur les entreprises qui y sont liées.

En pratique, les différences entre les éléments du développement économique sont parfois subtiles. Car les uns sont fortement liés aux autres.

En tant que solution provisoire, les ZFE ne doivent pas se substituer aux réformes économiques générales. Les incitations fournies peuvent remédier à certains dysfonctionnements, mais les pouvoirs publics doivent être conscients qu'il faut intégrer les ZFE dans une stratégie globale de développement du pays. Ainsi trois points de vue principaux s'expriment sur le rôle des ZFE dans l'économie :

- Dans le premier cas, les ZFE sont simplement considérées comme un outil permettant d'atteindre un ou plusieurs objectifs particuliers : développer l'emploi, attirer des investissements étrangers directs et/ou accroître les recettes en devises. Selon ce point de vue, le maintien des ZFE dans des enclaves permet au pays de poursuivre sa politique économique normale dans l'environnement national général.

- Selon une deuxième interprétation, les ZFE fonctionnent comme des laboratoires dans lesquels s'accomplissent des expériences qui font aussi partie de réformes touchant l'ensemble de l'économie. Elles apparaissent alors comme une étape qui permet au pays d'introduire une libéralisation progressive des échanges et des investissements tout en contrôlant la vitesse des évolutions dans l'environnement économique général.

- Le troisième point de vue assimile les ZFE à un outil de politique régionale visant à accroître l'emploi dans les zones défavorisées.

In fine, les dérogations aux règles du travail et autres réglementations ou leur assouplissement - même dans la pratique - sont souvent néfastes car elles créent des conditions différentes à l'intérieur du même pays et risquent ainsi de désavantager certaines catégories de travailleurs et de contribuer à des distorsions économiques. Car, on oublie souvent que la finalité du développement c'est de garantir le bien être des hommes et des femmes.

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"Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer"   Albert Camus