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Fiscalité des activités et services numériques des non-résidents en République Démocratique du Congo


par Don De Dieu Nyembo Louis
Université de Lubumbashi - Diplôme d'études approfondies en Droit (DEA/Master) 2025
  

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§2. Justification des méthodes et techniques de collecte et d'analyse des données

A. Justification du cadre méthodologique

Le choix des méthodes et techniques utilisées dans ce travail se justifie par la nature même de la problématique étudiée. La fiscalisation des activités et services numériques à destination de la République Démocratique du Congo est une matière récente, complexe et multidimensionnelle, qui exige à la fois une lecture interne des textes juridiques congolais et une ouverture comparative vers les expériences étrangères. C'est pourquoi nous avons retenu la combinaison de l'herméneutique juridique et de la méthode comparée.

L'herméneutique juridique s'imposait dans la mesure où notre point de départ est constitué par des textes normatifs précis, tels que l'ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant code du numérique, la loi de finances 2025 et la Constitution de la République. L'interprétation de ces instruments est indispensable pour en dégager le sens, en apprécier la portée et en identifier les limites pratiques. Cette méthode permet de confronter la lettre de la loi aux réalités observées sur le terrain, notamment à Lubumbashi et Kinshasa, où nous avons constaté que plusieurs services numériques sont consommés sans que les prestataires étrangers soient matériellement implantés.

La méthode comparée, quant à elle, se justifie par la nécessité de ne pas enfermer l'analyse dans le seul cadre congolais. Les défis de la fiscalisation du numérique se posent dans de nombreux pays, et plusieurs États africains (Kenya, Zambie, Zimbabwe, Bénin, Niger, Nigeria, Rwanda) ont déjà adopté des solutions spécifiques. En confrontant ces expériences aux dispositions congolaises, nous avons pu mettre en évidence les ressemblances et les différences, mais surtout dégager des pistes d'inspiration adaptées au contexte national. Cette démarche comparative est d'autant plus pertinente que la RDC partage avec ces pays des réalités institutionnelles et économiques proches, ce qui rend leurs solutions transposables.

Sur le plan technique, le recours à la technique documentaire se justifie par la nécessité de mobiliser un corpus varié de sources : lois fiscales, thèses, ouvrages spécialisés, rapports d'organisations internationales et études doctrinales. Ces documents constituent la base scientifique indispensable pour comprendre les enjeux et situer la RDC dans le débat mondial. La technique d'entretien libre s'est également imposée, car la fiscalisation du numérique implique plusieurs acteurs dont les perceptions et expériences enrichissent l'analyse : l'administration fiscale (DGI), les banques commerciales, le ministère du numérique et les professionnels des nouvelles technologies. Les entretiens menés à Kinshasa et Lubumbashi ont permis de recueillir des données empiriques sur les difficultés de recouvrement, le rôle des banques dans la traçabilité des paiements, et les solutions techniques envisageables pour une fiscalité efficace.

En définitive, la combinaison de ces méthodes et techniques répond à une double exigence : assurer la rigueur scientifique par l'interprétation des textes et la comparaison internationale, et garantir la pertinence pratique par l'observation empirique et la consultation des acteurs clés.

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