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Administration de la preuve en droit congolais à l’épreuve des technologies de l'information et de communication


par Aridja SALUFA KALONDA
Université de Kisangani - Licence en droit privé et judiciaire  2024
  

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CONCLUSION

Nous voici au terme de notre étude ayant porté sur « De l'administration de la

preuve en droit congolais à l'épreuve des nouvelles technologies de l'information et des communications ».

Le droit de la preuve, pilier fondamental de toute procédure judiciaire, repose

historiquement sur des éléments matériels classique. Or, avec l'essor du numérique, la preuve prend aujourd'hui des formes nouvelles : documents électroniques, enregistrement audio ou vidéo, échange par messagerie instantanée, courriels,... Ces éléments de preuve bien qu'utiliser dans la pratique, posent la question de leur recevabilité, de leur valeur probante et de modalité de leur administration devant les juridictions.

Face à cette réalité, le législateur congolais a entrepris un début d'adaptation de

l'arsenal juridique. L'adoption de l'ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023, représente une avancée significative dans la reconnaissance de l'environnement digital comme un champ juridique à part entière. Ce code introduit notamment des dispositions sur la signature électronique, l'écrit numérique , la cyber sécurité et la protection des données à caractère personnel. Toutefois malgré ces efforts législatifs récents, des zones d'ombre subsistent concernant la gestion de la preuve numérique, sa collecte, son authenticité, sa conservation, ainsi que son admissibilité en justice.

Pour ce faire, notre problématique s'est articulée autour des questions suivantes :

1) Comment l'administration de la preuve en droit congolais s'adapte -t- elle aux défis posés par les TIC ?

2) Quels sont les défis liés à l'intégration des preuves électroniques dans le système judiciaire congolais ?

Au regard de ces interrogations, nos hypothèses étaient les suivantes :

1) L'administration de la preuve en droit congolais est encore insuffisamment adaptée aux défis posés par les TIC, en raison de lacunes législatives, institutionnelle et techniques ;

2) L'intégration des preuves électroniques dans le système judiciaire congolais se heurte à plusieurs défis d'ordre technologiques.

Les objectifs poursuivis étaient de :

1) Déterminer dans quelle mesure l'administration de la preuve en droit congolais s'adapte aux défis posés par les TIC ;

2) Identifier les défis techniques liés à l'intégration des preuves électroniques dans le système judiciaire congolais.

A la fin de notre étude, nous sommes arrivés aux résultats selon lesquels :

L'administration de la preuve en droit congolais s'est récemment adaptée aux

défis posés par les nouvelles technologies de l'information et des communications par l'adoption de l'ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant code du numérique. Ce code admet la preuve électronique mais sous certaines conditions établies par le même code.

Certes, l'ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant code du numérique

admet la preuve électronique, mais cette dernière fait face à des nombreux défis d'ordre technique. Suites à ces défis l'application effective des dispositions législatives la consacrant devient impossible.

Bien que la législation congolaise reconnaisse la preuve électronique et prévoit

la création d'une autorité de certification électronique, sa non-mise en oeuvre effective freine toute évolution significative dans ce domaine.

De tout ce qui précède, eu égard aux résultats obtenus, nous pouvons dire que

nos hypothèses de départ sont confirmées et nous avons atteint nos objectifs.

Ainsi, nous suggérons ce qui suit :

Au regard des avancées juridiques amorcées par la législation congolaise,

notamment à travers le Code du numérique, il est urgent que l'État congolais concrétise la création effective de l'Autorité nationale de certification électronique. Cette institution, bien que prévue par la loi, n'a jusqu'ici jamais été mise en place, laissant un vide dans le mécanisme de contrôle, de validation et de fiabilisation des preuves électroniques. Il est donc recommandé au gouvernement de procéder sans délai à son installation, d'adopter les textes d'application nécessaires, et de mettre en oeuvre une politique de coopération technique avec des partenaires expérimentés en matière de cybersécurité judiciaire. De plus, la réussite de cette intégration dépendra également de la formation des acteurs judiciaires et du renforcement des infrastructures numériques, afin de garantir un traitement efficace, équitable et sécurisé de la preuve électronique dans le système judiciaire congolais. Il devient donc impérieux de renforcer la formation des juges avec des notions informatiques suffisantes pouvant lui permettre plus tard d'être en mesure de comprendre ne fut ce que partiellement les manoeuvres effectuées par l'expert dans les affaires impliquant la preuve électronique.

Ainsi, bien que la voie vers une justice numérique soit balisée juridiquement, sa

mise en oeuvre demeure un défi. Dès lors, une question centrale mérite d'être posée : la justice congolaise est-elle prête à s'adapter aux exigences de l'ère numérique, ou restera-t-elle figée dans un modèle de preuve dépassé ? Cette interrogation ouvre la réflexion à d'autres travaux et débats, tant sur le plan juridique que sur le plan institutionnel, pour faire du numérique un véritable levier de modernisation du système judiciaire congolais.

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