3.2.2.2. La gestion du
changement
La transformation numérique de l'administration fiscale
est avant tout une transformation organisationnelle et culturelle, dont la
réussite dépend autant de la qualité des outils
déployés que de la capacité des acteurs à les
adopter et à les intégrer dans leurs pratiques quotidiennes.
Au sein de la DGE, si la résistance au changement a
constitué un obstacle réel lors des premières
années de déploiement des téléprocédures,
elle est aujourd'hui en voie de résolution naturelle car la
génération d'agents formés dans « un
environnement entièrement papier » est progressivement en
train de se renouveler, et les nouvelles recrues, issues de systèmes de
formation initiale déjà numérisés, intègrent
ces outils avec une aisance plus naturelle. Cette évolution
générationnelle constitue un facteur structurel
d'accélération de la transformation numérique. Une
minorité d'agents et de contribuables demeure néanmoins
attachée aux pratiques traditionnelles et perçoit les outils
numériques comme laborieux ou peu fiables ; perception qui, lorsqu'elle
s'appuie sur des expériences concrètes de pannes ou de
dysfonctionnements, traduit des insuffisances réelles du système
que les seuls efforts de communication ne sauraient suffire à
dissiper.
Du côté des contribuables, la transition
numérique requiert des investissements en formation, en
équipements et en organisation interne que toutes les entreprises ne
peuvent pas supporter au même rythme. Les entreprises du commerce
général sont particulièrement vulnérables à
cet égard.
3.2.2.3. Les défis de
coordination inter-administrations
La fragmentation de l'expérience utilisateur au sein
des plateformes de la DGI n'est que le reflet visible d'un défi
organisationnel plus profond. L'absence d'interopérabilité entre
tous ces systèmes contraint l'administration à saisir de
manière redondante des informations identiques dans plusieurs portails
distincts, multiplie les risques d'incohérences entre les
déclarations et limite les capacités de recoupement automatique
de l'administration. La mise en place intégrale d'échanges de
données standardisés entre ces administrations sur le
modèle des interfaces API qui existent déjà entre
certaines applications (SINTAX et le Circuit intégré de la
dépense (CID), SINTAX et la Direction générale des
transports terrestres et maritimes (DGTTM)) constituerait un saut qualitatif
majeur. Cette coordination inter-administrations suppose toutefois une
gouvernance inter-institutionnelle forte, un cadre juridique encadrant le
partage des données et des investissements techniques coordonnés,
qui dépassent le seul périmètre de la DGI.
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