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Analyse de la mise en Ĺ“uvre des téléprocédures à  la direction des grandes entreprises (DGI Burkina Faso)


par Pierre SIMPORE
Institut des Finances Publiques du Burkina  - Diplôme du cycle A 2026
  

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3.2.2.2. La gestion du changement

La transformation numérique de l'administration fiscale est avant tout une transformation organisationnelle et culturelle, dont la réussite dépend autant de la qualité des outils déployés que de la capacité des acteurs à les adopter et à les intégrer dans leurs pratiques quotidiennes.

Au sein de la DGE, si la résistance au changement a constitué un obstacle réel lors des premières années de déploiement des téléprocédures, elle est aujourd'hui en voie de résolution naturelle car la génération d'agents formés dans « un environnement entièrement papier » est progressivement en train de se renouveler, et les nouvelles recrues, issues de systèmes de formation initiale déjà numérisés, intègrent ces outils avec une aisance plus naturelle. Cette évolution générationnelle constitue un facteur structurel d'accélération de la transformation numérique. Une minorité d'agents et de contribuables demeure néanmoins attachée aux pratiques traditionnelles et perçoit les outils numériques comme laborieux ou peu fiables ; perception qui, lorsqu'elle s'appuie sur des expériences concrètes de pannes ou de dysfonctionnements, traduit des insuffisances réelles du système que les seuls efforts de communication ne sauraient suffire à dissiper.

Du côté des contribuables, la transition numérique requiert des investissements en formation, en équipements et en organisation interne que toutes les entreprises ne peuvent pas supporter au même rythme. Les entreprises du commerce général sont particulièrement vulnérables à cet égard.

3.2.2.3. Les défis de coordination inter-administrations

La fragmentation de l'expérience utilisateur au sein des plateformes de la DGI n'est que le reflet visible d'un défi organisationnel plus profond. L'absence d'interopérabilité entre tous ces systèmes contraint l'administration à saisir de manière redondante des informations identiques dans plusieurs portails distincts, multiplie les risques d'incohérences entre les déclarations et limite les capacités de recoupement automatique de l'administration. La mise en place intégrale d'échanges de données standardisés entre ces administrations sur le modèle des interfaces API qui existent déjà entre certaines applications (SINTAX et le Circuit intégré de la dépense (CID), SINTAX et la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM)) constituerait un saut qualitatif majeur. Cette coordination inter-administrations suppose toutefois une gouvernance inter-institutionnelle forte, un cadre juridique encadrant le partage des données et des investissements techniques coordonnés, qui dépassent le seul périmètre de la DGI.

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