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Analyse de la mise en Ĺ“uvre des téléprocédures à  la direction des grandes entreprises (DGI Burkina Faso)


par Pierre SIMPORE
Institut des Finances Publiques du Burkina  - Diplôme du cycle A 2026
  

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1.1.3.2. Le Sénégal et le Nigeria : des trajectoires nuancées

Au Sénégal, la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) a engagé depuis 2013 une transformation numérique progressive, avec l'introduction de télédéclarations pour les grandes entreprises et l'extension progressive au secteur des moyennes entreprises. Les études de l'ATAF (2024) soulignent que si les grandes entreprises ont globalement bien adopté les outils numériques, les moyennes entreprises font face à des difficultés persistantes liées aux déficits de compétences informatiques et à l'instabilité des connexions Internet.

Au Nigeria, malgré des ressources plus importantes, la digitalisation fiscale s'est heurtée à des obstacles structurels considérables : fragmentation des systèmes entre les différents niveaux de gouvernement (fédéral, étatique, local), problèmes d'interopérabilité des plateformes et résistances institutionnelles liées aux intérêts établis dans le système fiscal traditionnel.

1.1.3.3. L'expérience burkinabè dans son contexte régional

Au Burkina Faso, l'introduction de la plateforme eSINTAX en 2018 a marqué une étape décisive dans la modernisation des services fiscaux. Selon l'étude de l'ICTD (2024) portant sur l'adoption des services électroniques par les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les grandes entreprises, la digitalisation a significativement augmenté la conformité fiscale, la transparence des opérations et la perception de l'équité du système parmi les contribuables du régime du Réel normal d'imposition.

La même étude identifie cependant des défis persistants : des difficultés techniques liées à la qualité des connexions Internet, un manque de formation de certains utilisateurs, et une résistance au changement de la part d'une minorité d'agents et de contribuables attachés aux pratiques traditionnelles. Ces résultats sont corroborés par les travaux de Blegne (2020) sur les déterminants de l'adoption des services financiers digitaux au Burkina Faso, qui soulignent le rôle crucial de la confiance institutionnelle et de la perception de la sécurité dans l'adoption des outils numériques.

Les expériences du Maroc avec le système "SIMPL", et du Ghana avec le "Ghana.gov portal" offrent également des enseignements précieux : la généralisation des téléprocédures s'accompagne invariablement de défis techniques, organisationnels et humains, notamment pour les entreprises qui disposent de ressources limitées pour s'adapter aux nouvelles exigences numériques. Dans tous les cas, la formation, l'accompagnement et la confiance dans la gouvernance des plateformes se révèlent des facteurs critiques de succès.

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