2.1 Vices de consentement
« Il n'y a point de consentement si le consentement
valable, dit l'article 9 du Code civil congolais, si le consentement n'a
été donné que par erreur, ou s'il a été
extorqué par violence ou surpris par le dol »
L'erreur, la violence, le dol, sont des vices de
consentement.On ajoute également dans certains cas, la lésion.
Ces vices enlèvent au consentement toute sa valeur, car il n'y a plus
véritablement de volonté de s'obliger de la part du contractant
qui en est victime. C'est pourquoi, la loi, pour protéger, lui permet de
demander l'annulation du contrat34.
2.1.1. L'erreur
L'erreur est une représentation fausse ou inexacte que
se fait un contractant d'un des éléments du contrat. Commettre
une erreur c'est se tromper mais toutes les erreurs n'ont pas la même
incidence quant à la validité même du contrat.Certaines,
les plus graves, entrainent la destruction du consentement et partant la
nullité absolue du contrat. Certaines ne font que vicier le contrat
entrainant une nullité relative et une dernière catégorie
d'erreurs n'a, quant à elle, aucun effet sur la validité du
contrat. Nous avons donc 35:
· Les erreurs destructrices du consentement
- Erreur sur la nature du contrat (error in negotio)
- Erreur sur l'identité de l'objet
- Erreur sur la cause du contrat
- Erreur sur la cause du contrat
· Les erreurs vices de consentement(article 10 du code
civil)
- Erreur sur la substance de la chose
- Erreur sur la personne
33Article 65 al.4 de l'ordonnance-loi no23/10 du 13
mars 2023 portant code du numérique
34 art. 9 et 10 du Code civil, livre III
35KALONGO MBIKAYI, op.ci.t, p, 59
- Erreur de droit
Il faut noter que si l'erreur d'une partie ne
doit pas nécessairement être commise également par le
co-contractant, ce dernier ne doit néanmoins avoir eu pleinement
connaissance de l'erreur commise par l'autre partie ou avoir dû la
connaitre. L'erreur doit être excusable, c'est-à-dire celle que
peut commettre aussi un homme raisonnable placé dans les mêmes
circonstances. Cette condition est une question de fait est laissé
à l'appréciation du juge.
2.1.2. Le dol
Suivant l'article 16 du Code civil congolais
« le dol est une cause de nullité de la convention lorsque les
manoeuvres pratiquées par l'une des parties sont telles qu'il est
évident que, sans ces manoeuvres, l'autre partie n'aurait pas
contracté ».Cet article donne à la fois lanotion,
c'est-à-dire les éléments constitutifs du dol et les
conditions36.
On appelle dol, « les manoeuvres
frauduleuses, tromperies, artifices mensongers, réticences dont une
personne peut se servir pour en tromper une autre à l'occasion d'un
contrat. L'une des parties a donc usé d'un artifice ou d'une manoeuvre
pour introduire son co-contractant en erreur et le déterminer ainsi
à contracter37.
· Quid du rapport entre l'erreur et le dol ?
Le dol et l'erreur sont des vices de consentement
qui ne se confondent pas, le dol ne se présume pas. Il doit être
prouvé par celui qui l'invoque (art 17). Sa preuve est plus facile que
celle de l'erreur car il consiste à des manoeuvres frauduleuses.
Toute erreur n'entraine pas une nullité, mais
toute erreur résultant d'un dol entraine toujours une nullité.Le
dol constitue une faute de la part de celui qui l'a commise, la victime
obligée de demander l'annulation du contrat pourra réclamer, en
outre des dommages-intérêts, sur base de l'article 258 du Code
civil congolais, la victime peut obtenir réparation même en cas de
dol incident qui en soit ne donne pas lieu à l'annulation du
contrat38.
36 Articles 16du Code civil, livre III
37KALONGO MBIKAYI, op.cit, p,68 et 72
38LUTUMBA WA LUTUMBA, op.cit. ,p,54
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