SECTION 2 : Cadre juridique
et reconnaissance légale en droit congolais
§1 : Cadre juridique
régional et international
1.1 Cadre juridique régional
Le cadre juridique régional du contrat
électronique en Afrique pertinent, particulièrement pour la RDC,
se fonde principalement sur les textes adoptés au sein de l'OHADA et de
l'Union Africaine. Voici les éléments clés :
Ø OHADA (Organisation pour l'harmonisation en Afrique
en droit des affaires)
Ø Union Africaine, convention de Malabo (Convention de
l'Union Africaine sur la cyber sécurité et la protection des
données à caractère personnel, 2014)
Sur le plan régional, le contrat
électronique bénéficie d'un encadrement en construction,
notamment au sein des espaces juridiques africains tels que l'OHADA et l'Union
africaine. Bien que l'acte uniforme sur le droit commercial
général de l'OHADA, révisé en 2010 ne traite pas
explicitement des contrats électroniques, les principes
généraux des obligations peuvent être appliqués par
analogie. Des réformes sont en cours pour intégrer le
numérique dans l'espace OHADA46. Par ailleurs la convention
de Malabo adoptée en 2014 par l'Union Africaine représente un
jalon important. Elle consacre la validité juridique des transactions
électroniques, la reconnaissance de la signature électronique et
l'intégrité de l'écrit numérique. Même si
cette convention n'est pas encore pleinement entrée en vigueur faute de
ratifications suffisantes, elle constitue une source de référence
incontournable pour l'harmonisation régionale. Ce cadre embryonnaire
montre une volonté progressive d'intégrer les nouvelles formes
contractuelles issue de l'ère numérique dans les systèmes
juridiques Africains47.
1.2 Cadre juridique international
Le contrat électronique repose sur
plusieurs instruments adoptés par des organisations internationales pour
encadrer les échanges commerciaux numériques, dont la preuve et
la validité des contrats conclus par voie électronique
dont :
Ø La loi type de la CNUDCI sur le commerce
électronique (1996, révisée en 1998)
46OHADA, op.cit.
47article 6 de la Convention de Malabo sur la cyber
sécurité et la protection des données à
caractère personnel du 27 juin 2014
Établie par la commission des Nations Unies pour le
droit commercial international(CNUDCI)
Ø La loi type de la CNUDCI sur les signatures
électroniques de 2001
Ø La convention de Budapest sur la
cybercriminalité de 2001
a) La loi type de la CNUDCI sur le commerce
électronique de 1996
Cette loi constitue la pierre angulaire de
cette régulation. Elle consacre le principe d'équivalence
fonctionnelle, affirmant que les documents électroniques peuvent remplir
les mêmes fonctions juridiques que les documents papier traditionnels.
Elle sert de référence pour des nombreux Etats dans l'adaptation
de leur droit interne48.
b) La loi type de la CNUDCI sur les signatures
électroniques de 2001
Cette loi établi les conditions de
fiabilité permettant à une signature électronique de
produire les mêmes effets juridiques qu'une signature
manuscrite49.
c) La convention de Budapest sur la
cybercriminalité
Cette loi aborde également, de
manière indirecte, la reconnaissance de la preuve électronique
dans les procédures judiciaires.
Ces instruments constituent un socle sur
lequel les Etats comme la RDC peuvent s'appuyer pour consolider leur
législation nationale en matière de contrats
numériques50.
|