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Les déplacés allemands après la seconde guerre mondiale

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par Fortis Matthieu Copin Raphaël
Paris-Est Marne-la-Vallée - Licence Histoire 2013
  

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- Année universitaire 2012-2013 -

Histoire au long cours

Les Allemands déplacés après la seconde guerre mondiale

FORTIS Matthieu

COPIN Raphaël

SOMMAIRE

Introduction 1

I. Le projet 4

II. Typologie 9

III. Des expulsions improvisées avant même les accords de Potsdam 11

IV. Les expulsions sous la tutelle des Alliés 16

V. Le quotidien des expulsés dans les camps 20

VI. Changements et intégration 23

VII. Les expulsés dans les relations internationales 31

VIII. Constat des traces des expulsions dans la mémoire : débats actuels 34

Annexes 42

Bibliographie 45

Introduction

Depuis quelques années, un regain d'intérêt a été constaté concernant le passé de la population allemande. Il ne s'agît plus de faire l'amalgame entre Allemands, nazis et bourreaux comme ce fut longtemps le cas dans l'imaginaire collectif. Au contraire, il est question de s'intéresser à des individus pouvant être considérés comme des victimes de la guerre ou de l'après-guerre. Une partie de la population allemande, environ 13 millions individus, fut déplacée de territoires conquis par le IIIe Reich mais devenus par exemple, polonais ou tchécoslovaque à la suite d'un redécoupage des frontières d'après-guerre. Comment peut-on expliquer un tel mouvement migratoire ? Pour cela, il faut revenir aux conséquences de la politique menée par Hitler à la tête du IIIe Reich. Ce dernier désirait réunir tous les germanophones au sein d'un empire agrandi par le Lebensraum, c'est-à-dire l'espace vital allemand. Cette volonté pangermaniste motiva la politique extérieure de l'Allemagne avec l'Anschluss, qui est l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie le 12 mars 1938 ; la signature des accords de Munich du 30 septembre 1938 lui permettant de rattacher les Sudètes, région de la Tchécoslovaquie ayant un nombre important de germanophones (voir Annexes 1) et l'invasion de la Pologne du 1er septembre 1939.

Avant même la fin de la guerre, le peuple allemand dans sa totalité est haï par la majeure partie de l'Europe et notamment par les pays dont des territoires furent annexés par le Reich. Les gouvernements et les peuples de ces pays sont animés par un sentiment de vengeance et une volonté de mener leur propre justice. Ils décidèrent d'organiser eux-mêmes le déplacement de ces individus puis sous l'encadrement des Alliés. Ces Allemands, dont Hitler mît tout de même les moyens pour les intégrer dans le IIIe Reich, apparaissent dans une situation particulièrement compliquée. D'un côté, ils n'ont jamais vécu en Allemagne mais sont désormais considérés comme des Allemands ethniques, c'est-à-dire qu'ils appartiennent à une ethnie possédant certaines caractéristiques définissant l'individu comme allemand, par les habitants de leur pays respectif, ce qui ne semble pas être un point positif dans ce contexte. Ainsi, ce mémoire s'intéresse à ces 13 millions d'Allemands éparpillés en Europe et qui donnent naissance à l'un des plus importants mouvements migratoires du XXe siècle.

Mais s'intéresser à un tel sujet entraîne un problème lié aux sources et à la connaissance de ce sujet de nos contemporains. En effet, cet épisode de l'histoire mondial est peu connu du grand public que ce soit les jeunes Allemands ou les jeunes Tchèques. Les plus férus d'histoire ou descendants de ces Allemands déplacés connaissent l'existence de ces migrations. Ainsi, l'historiographie de cet épisode historique concernait majoritairement les historiens allemands et polonais. L'historiographie française n'était pas particulièrement portée sur ce sujet excepté quelques articles comme « Les Allemands déplacés divisent l'Europe », article paru dans le mensuel n°683 de la revue Historia, en 2003. Il faut attendre l'ouvrage Orderly and Humane. The Expulsion of the Germansafter the Second World War de R.M. Douglas pour avoir enfin une source inestimable sur ce sujet. Paru en novembre 2012 en France sous le titre Les Expulsés, cet ouvrage est le résultat d'une enquête sur ces flux migratoires mettant la lumière sur une partie de l'histoire occidentale. Douglas tranche dans le débat sur le statut accordé à ces Allemands en étant le premier à les considérer comme des expulsés. La notion d'expulsé s'opposait aux notions de « réfugié » et de « déplacé ».

En effet, utiliser la bonne terminologie relevait de l'impossible avant la prise de position de Douglas. L'idée de « réfugié » sous-entend qu'un Etat n'est pas en mesure de protéger un groupe ethnique de sa population victime de persécution et que la fuite apparaît comme la seule solution1(*)2(*). La notion de « déplacé » avait été utilisée afin de qualifier des individus se rendant en Allemagne dans le cadre du travail obligatoire et ils étaient appelés des « personnes déplacées ». Ces deux notions se confondirent au lendemain de la guerre3(*).Le terme « expulsé » semble donc le mieux convenir notamment avec l'aspect négatif que suscite l'usage de cette notion. S'il est question d'Allemands expulsés, il reste à savoir d'où. Ils furent expulsés des anciens territoires allemands situés en Europe centrale et de l'est comme la Silésie, la Poméranie orientale, le Brandebourg oriental, la Prusse orientale, le Danzig, des Sudètes mais aussi de Hongrie, de Roumanie, de Yougoslavie et d'Union soviétique pour une petite partie.

Ainsi, ces flux migratoires avaient pour origine l'Europe centrale et de l'est, et plus principalement la Pologne avec 7 millions d'individus et la Tchécoslovaquie avec 3 millions. Ces expulsions étaient donc l'oeuvre des gouvernements ayant une population considérée comme ethniquement allemande puis elles furent orchestrées par les Alliés. Il y avait la volonté de se venger contre ceux qui étaient considérés comme les responsables de la guerre mais aussi de « purifier ethniquement » certaines régions et de contrôler des individus considérés comme menaçant pour la paix européenne et mondiale. Ce sujet est particulièrement intéressant car il permet de revenir sur un épisode de l'histoire occidentale peu, voire non médiatisé et il égratigne l'image lumineuse des Alliés.

Phénomène d'ampleur non négligeable, ce transfert forcé de population a concerné au total - entre 1945 et 1947 - pas moins de 12,6 à 14 millions de personnes, dont 500 000 sont morts dans les camps de transit où ils avaient été rassemblés par les autorités des pays en question. Plusieurs questions méritent alors d'être posées : Comment, après avoir tant critiqué les migrations forcées durant la guerre, les Alliés ont-ils pu à leur tour user de cet outil pour redessiner les contours sociaux et géographiques de l'Europe ? Qui ont été les principales victimes de ces expulsions ? Comment ces dernières ont-elles été organisées, et par qui ? Pourquoi, malgré la présence massive de journalistes ou de diplomates, l'information a-t-elle été si peu relayée à travers le Vieux Continent ?

C'est pour répondre de manière pertinente et organisée à ces multiples questions que nous développerons les différents thèmes liés au sujet à travers ce mémoire. D'abord, nous nous intéresserons au projet, sa genèse, sa mise en place et tout ce que cela a impliqué dans les relations internationales. Nous tenterons ensuite de dessiner un portrait le plus affiné possible des personnes concernées par ces migrations massives, d'où venaient-ils et qui étaient-ils. Après avoir posé les bases de cette étude, nous nous attarderons davantage sur ce qui a permis aux Alliés et aux pays d'Europe centrale et de l'Est de rendre concret ce projet : les expulsions, d'abord sauvages, puis organisées. Il conviendra bien évidemment par la suite de proposer un récit efficace du quotidien de ces déplacés, de la manière dont ils vivaient pendant et après ces migrations. Autre point central du sujet, la place prise par le dossier de ces Allemands dans les pourparlers internationaux (chiffres truqués, contexte d'après-guerre). Il se posera ultérieurement la question des changements perceptibles aux points de départ et d'arrivée des migrations, tout comme celle de l'intégration des Allemands. Pour conclure cette succincte étude, nous essaierons de voir quelles traces a pu laisser ou non cet évènement dans les mémoires collectives européennes et à l'échelle du globe.

I. Le projet

L'expulsion des allemands ethniques reste peut-être le mouvement de population le plus important de l'histoire de l'humanité. Un tel projet, fut-il loué en choeur par ces grandes puissances mondiales, nécessitait une organisation de premier ordre et un effort logistique considérable. En 1945, plusieurs millions d'Allemands vivent dans des régions comme la Silésie, la Poméranie orientale, le Brandebourg oriental, la Prusse orientale, le Danzig, les Sudètes, la Hongrie, la Roumanie, la Yougoslavie ou l'Union soviétique. Après l'épisode traumatisant que fut la Seconde guerre mondiale, les gouvernements desdits pays ainsi que, plus tard, ceux des Trois Grands entreprirent d'expulser les Allemands habitant dans les régions précédemment citées. La cohabitation était devenue, selon ces pays, impossible, alors qu'elle était établie depuis déjà plusieurs années. Ce projet d'expulsion de populations à travers l'Europe suscitait donc un nombre considérable de questions.

Pour se rassurer, les Trois Grands aimaient à se rappeler de récentes « réussites » de grandes migrations. Souvent utilisé comme exemple réussi de transfert massif d'individus, le traité de Lausanne, signé le 24 juillet 1923, qui devait mettre fin à plusieurs années de conflits régionaux entre Grecs et Turcs suite au traité de Sèvres (10 août 1920), comprenait plusieurs particularités qui faisaient de ce cas une situation bien particulière et difficile à rétablir à l'échelle continentale. D'abord, sur 1,2 million de Grecs ethniques visés par ledit accord, seuls 190 000 ne s'étaient pas encore réfugiés en Grèce avant la fin des combats. Côté Turcs, pas plus de 350 000 personnes vivaient dans des régions sous administration grecque. Ce transfert de population ne dépassait donc pas un demi-million de personnes et ne pouvait guère servir de support pour le projet envisagé par plusieurs des Alliés après la Seconde Guerre Mondiale. De même, la religion pouvait être utilisée dans cette région du monde comme un trait caractéristique de l'identité personnelle et pouvait donc aider pour ce qui était de la logistique de l'opération. D'ailleurs, sur le plan économique, les conséquences furent nombreuses pour la Turquie :chute de l'économie etdépeuplement de l'Anatolie. En Grèce, le constat est similaire. L'arrivée rapide de populations obligea le gouvernement à s'endetter considérablement pour construire de nouveaux logements - insuffisants d'ailleurs, de nombreux bidonvilles se sont construits autour d'Athènes. Cette nouvelle population, marginalisée et pointée du doigt pour ses habitudes turques et différences des habitants locaux, devenait par ailleurs la cible de mouvements extrémistes comme le Parti communiste grec (PKK).

En février 1942, une première étude britannique esquissée par le Foreign Office d'Oxford mit en avant l'ampleur qu'allait prendre pareille projection. Orchestrée par John Mabbott, métaphysicien au St. John's College, cette étude avait le mérite de mettre en lumière le défi colossal auquel devaient s'attendre les Alliés pour aboutir à leurs fins. Mabbott avait clairement explicité que la mise en place d'un organisme international pour contrôler directement les migrations était indispensable, tant dans les zones évacuées que les pays récepteurs. De même, il fallait selon lui 5 à 10 ans pour organiser comme il se doit l'opération sans précipiter les choses et assombrir les horizons de cette opération.

En 1943, le sous-comité militaire du cabinet avait estimé à environ 4,5 millions le nombre d'Allemands qui seraient potentiellement expulsés de la zone confiée à la Pologne une fois le conflit arrivé à son terme. On estimait qu'environ 5,34 millions d'Allemands finiraient par être déplacés si Dantzig, la Prusse-Orientale et la Haute-Silésie étaient remis à la Pologne après la guerre - comme le prévoyait Staline. Au total, si la frontière polonaise était élargie jusqu'à l'Oder au nord, il faudrait rajouter 3,3 millions d'Allemands ethniques à expulser et on en compterait alors environ 10,14 millions.

Au mois de novembre de la même année, suite logique de ce grand projet d'expulsion des Allemands ethniques d'Europe centrale, une étude détaillée sur les aspects pratiques nécessaires à ce mouvement de masse fut établi par plusieurs membres hauts-placés du Foreign Office, du Cabinet Office, du Trésor, du ministère de la Guerre économique, du Waroffiice et du Dominions Office, le tout dirigé par Jack Troutbeck, responsable ô combien important du département allemand du Foreign Office. Le travail du Comité interdépartement fut d'ailleurs le seul et l'unique dispositif mis en oeuvre par les Alliés pour tenter de mesurer les contraintes que pourraient représenter les migrations dans cette Europe centrale post-Seconde Guerre mondiale.

Au rayon des conséquences probables d'une entreprise de cette envergure, le Comité semblait avoir bien ciblé les problèmes économiques qui émaneraient suite à ces grands déplacements de population : « Les transferts créeraient de très graves problèmes économiques, en Allemagne comme dans les pays expulseurs, mais infiniment plus sévères en Allemagne »4(*). Dans l'estimation la plus faible établie par le Comité, l'Allemagne, qui comptait déjà 4 millions de sans-abri, devrait accueillir pas moins de 6 millions de personnes.

Il fallait de prime abord définir qui était considéré comme « allemand » dans une des régions du continent les plus hétérogènes sur le plan ethnique. Pour ce qui est de la « définition » des Allemands à déplacer, le Comité, voyant bien que chaque pays pouvait détenir sa propre réponse au problème, proposait donc que soit considéré comme déplaçable tout individu que la loi nazie considérait comme allemand. Depuis 1913, la loi de 1913 basait la nationalité allemande sur le jus sanguinis, retenant comme critères d'appartenance au Volk(= peuple) allemand notamment les liens « ethno-culturels » tels l'appartenance linguistique, l'adhésion aux « valeurs culturelles allemandes », etc. Mais avec l'arrivée au pouvoir des nazis en 1933, cette loi s'est retrouvée durcie, notamment la conception ethnico-nationale, en y ajoutant les deux critères du « sang » et de la « fidélité » (BlutundTreue). Avant, toute personne allemande, quelque soit son moyen d'obtention de la nationalité, pouvait la transmettre. Dès lors que les nazis arrivaient au pouvoir, ce n'était plus totalement le cas, et les deux nouveaux critères (fidélité et sang) pouvaient servir pour exclure ceux à qui le IIIe Reich ne faisait pas confiance ou qu'il considérait tout simplement pas.

La situation n'était d'ailleurs pas connue de tous. L'accord polono-soviétique quant à la délimitation des futures frontières était resté confidentiel (les Polonais devaient récupérer une partie de l'Allemagne orientale, permettant alors à l'URSS de Staline de grappiller du territoire sur la Pologne) et éloignait encore plus les gouvernements britanniques et états-uniens de la réalité géo-sociale du futur terrain de migrations européen. D'ailleurs, cette entente arrangeait à première vue Churchill et son entourage. Concéder des territoires aux Polonais semblait être le seul mode de dédommagement disponible pour les Britanniqueset ainsi de ne pas laisser croire qu'ils délaissaient la seule raison pour laquelle ils étaient entrés en guerre (la défense de l'intégrité territoriale de ce pays d'Europe centrale). L'objectif majeur des États-Unis et de la Grande-Bretagne était en fait de conserver après la guerre l'alliance des Trois Grands, croyant tant bien que mal que l'URSS avait délaissé les méthodes qui lui avaient construit sa sombre réputation auprès des pays alliés.

Lors de la conférence de Yalta, tenue du 4 au 11 février 1945, Roosevelt, prétendument malade, ne pouvait que s'incliner devant les velléités de l'URSS. Désireux de voir l'ONU régir les instances mondiales et régler les différents problèmes à l'échelle internationale, il ne pouvait se permettre de délaisser la nation de Staline et s'était donc vu contraint de lui céder la majorité de ses demandes. L'objectif principal du président du Conseil des commissaires du Peuple soviétique était de faire confirmer les résultats de la conférence interalliée de Moscou du 9 octobre 1944 esquissant un plan de partage de l'Europe du Sud-Est en « zone d'influence » pour l'après-guerre. À la fin de la conférence, aucune décision n'était prise quant aux concessions polonaises sur l'URSS, mais cela laissait alors la porte ouverte aux dirigeants et soldats de l'Armée Rouge pour prendre les devants (voir Annexes 2).

Le 21 juillet 1945, Churchill exprima d'ailleurs publiquement son inquiétude dans un quotidien en voyant le nombre immense d'Allemands ethniques expulsés des Sudentendeutsche vers une Allemagne trop petite et pas prête à un tel accueil en cas de la satisfaction des requêtes polonaises autour de la ligne Oder-Neisse (frontière à l'ouest). Jusqu'à 9 millions d'Allemands seraient alors déplacés afin de trouver un terrain d'accueil aux 4 millions d'arrivants de Pologne orientale. Churchill avait pourtant lutté pour la mise en place de cette politique depuis pas moins de deux ans et avait même rejeté les commentaires prévoyants du Comité interdépartement. Ce volte-face s'expliquerait par une peur d'être directement assimilé aux horreurs perpétrées lors de ces déplacements.

Article 13 des accords de Potsdam, signés le 17 juillet et le 2 août 1945 entre Staline (URSS), Truman (USA) et Churchill (puis Attlee, Royaume-Uni) : « Les trois gouvernements (...) reconnaissent qu'il y aura lieu de procéder au transfert en Allemagne des populations allemandes restant en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Hongrie. Ils sont d'accord pour estimer que ces transferts devront être effectués de façon ordonnée et humaine. [...] Ils estiment que le Conseil de contrôle doit commencer d'étudier le problème en veillant tout particulièrement à ce que la répartition de ces Allemands entre les différentes zones d'occupation soit équitable. [...] Le gouvernement tchécoslovaque, le gouvernement provisoire polonais et le Conseil de contrôle en Hongrie sont invités à surseoir toute expulsion pendant que les gouvernements intéressés examineront les rapports de leurs représentants au comité de contrôle ». La pause demandée n'était pas innocente. Les autorités soviétiques présentes en Allemagne rencontraient des difficultés conséquentes devant l'arrivée massive d'expulsés. La situation humanitaire était de toute manière déjà calamiteuse. Les accords de Potsdam ne mentionnent même pas les populations Volksdeutsche de Yougoslavie alors que leur situation était parfois plus dramatique que chez leurs homologues tchécoslovaques, polonais ou hongrois.

Enfin, c'était la Commission aux transferts qui devait établir les dates et les circonstances des expulsions et non pas les gouvernements polonais ou tchécoslovaques. Le Comité ne pouvait de toute façon plus remettre véritablement en cause ces transferts massifs de population, la décision ayant déjà été entérinée lors de la conférence de Potsdam entre le 17 juillet et le 2 août 1945. Le Comité avait bien tenté de faire ouvrir les yeux aux dirigeants britanniques ou états-uniens. En vain. Les technocrates du Royaume-Uni voulaient se persuader que les problèmes se règleraient seuls avec le temps.

Un tel projet migratoire concernait donc des millions de personnes. Reste à savoir qui composait réellement ces flux de populations et quel statut pouvait leur être accordé.

* 1Daniel G Cohen, Naissance d'une nation : les personnes déplacées de l'après-guerre, 1945 - 1951

* 2Mario Bettati « Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) », Pouvoirs 1/2013 (n°144), p. 91-111. 

* 3IRO, Le problème des Réfugiés, Genève, 1948

* 4 R. M. Douglas, Les expulsés, Flammarion, 2012, p. 93

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