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Terrorisme et géopolitique en Afrique. Sens et contresens.

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par Sékou COULIBALY
Alassane Ouattara de Côte dà¢â‚¬â„¢Ivoire - Master 2015
  

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UNIVERSITÉ ALASSANE OUATTARA

UFR : Communication, Milieu et Société

Département de philosophie

MENTION : PHILOSOPHIE

Spécialité : Esthétique & Philosophie africaine

Sujet :

Présenté par : Sous la direction de :

M. COULIBALY Sékou

M. DIAKITÉ Samba

Professeur Titulaire

Encadré par :

KOUMA Youssouf

Maître - Assistant

ANNÉE ACADÉMIQUE : 2014-2015

SOMMAIRE

SOMMAIRE I

DÉDICACE IV

REMERCIEMENTS V

PROPOS LIMINAIRES VI

INTRODUCTION 1

PREMIÈRE PARTIE : TERRORISME ET REPRÉSENTATIVITÉ 7

CHAPITRE 1 : DÉSAGRÉGATION IDENTITAIRE ET VIOLENCE TERRORISTE EN AFRIQUE 9

CHAPITRE 2 : CRISE DE LA REPRÉSENTATIVITÉ ET NAISSANCE D'UNE TYPOLOGIE NOUVELLE DE LA VIOLENCE EN AFRIQUE 17

DEUXIÈME PARTIE : STRATÉGIES GÉOPOLITIQUES ET ENJEUX DU TERRORISME EN AFRIQUE 25

CHAPITRE 1: TERRORISME ET STRATÉGIES GÉOPOLITIQUES 27

CHAPITRE 2 : TERRORISME EN AFRIQUE : ENJEUX POLITIQUES ET IDÉOLOGIQUES 37

TROISIÈME PARTIE : STRATÉGIES DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME EN AFRIQUE 59

CHAPITRE 1 : LUTTE CONTRE LE TERRORISME : REGARDS CROISÉS 61

CHAPITRE 2: VERS UNE AFRIQUE UNIFIÉE ET PACIFIÉE 68

CONCLUSION 75

BIBLIOGRAPHIE 79

TABLE DES MATIÈRES 87

DÉDICACE

À mon père, comme ma mère l'aurait voulu,

À Colonel-Major, HANIF Mohammed...

REMERCIEMENTS

Loin de nous sentir sous l'emprise d'un méthodisme aigu, nous tenons à vouer nos reconnaissances :

AuProfesseur Samba DIAKITÉ qui nous a appris qu'il faut « viser la lune pour enfanter des étoiles ». C'est alors le lieu pour nous de lui réitérer notre engagement dans la persévérance, dans la poursuite de nos ambitions mêmeles plus inespérées ;

AuProfesseur FIÉ Doh Ludovic et au Docteur KOUMA Youssouf, pour leurs conseils ;

À Kouyaté Mahamoudpour son soutien matériel et financier ;

À tous ceux qui, amis, famille, connaissances, de près ou de loin, nous ont soutenu durant cette recherche, tous ceux qui pensaient avoir faire leurs devoirs ou avoir manqué de le faire.

Merci.

PROPOS LIMINAIRES

Cette étude vise à analyserles fondements et les enjeux du terrorisme en Afrique et ses implications géopolitiques. Nous voulons donc, à travers les rivalités de pouvoirs et leurs représentations sur l'espace africain, appréhender les violences terroristes. S'il est évident que la géopolitique, servant à organiser les territoires, « est d'abord un savoir stratégique étroitement lié à un ensemble de pratiques politiques et militaires »1(*), elle peut donc aider dans l'analyse des violences en Afrique. Il s'agit principalement, en nous servant d'approches géopolitiques, de comprendre les fondements des crises sur les territoires africains et plus particulièrement de l'analyse des facteurs favorables à l'expansion de la menace terroriste. Cependant, il nous semble impérieux, d'entrée de jeu, de lever certaineséquivoques sur la notion de terrorisme qui est devenue un lieu commun où chaque acteur individuel ou collectif de la vie sociale en use abusivement.

D'entrée de jeu, faut-il signifier qu'il nous sera difficile de trouver une réponse consensuelle qui clôt le débat sur la définition du concept de terrorisme. Cela, parce qu'il existe une pluralité de terrorismes et dont chacun, selon le champ d'analyse et l'objectif visé, peut admettre une définition toute différente. « La notion n'a évidemment qu'une généralité trompeuse : elle nait au croisement de discours antagonistes qui se la dispute en l'interprétant chacun à leur manière, nous dit Yves Michaud. C'est pourquoi, poursuit-il, le mot violence [terroriste] veut tout dire en même temps jamais la même chose. D'où son apparente polysémie2(*) ».

Autrement dit, pour Yves Michaud, aucune définition du concept de terrorisme ne pourrait faire l'unanimité ; en ce sens que parlant de terrorisme, chacun y va avec ses convictions, ses attentes et ses préjugés. Sitant est que la notion de terrorisme est polysémique et qu'elle admet selon « les auteurs Schmid et Jongmanqui en avaient recensé dans le début des années 1980, pas moins de 109 définitions différentes du terrorisme »3(*), la question qui nous semble alors la plus adéquate est celle-ci : à quoi fait-on allusion lorsqu'on parle de terrorisme en Afrique ? Reformulée de la sorte, cette question va nous amener, dans un premier temps, à délimiter notre champ d'analyse et à un second niveau, à apprécier le concept de terrorisme dans un langage africain.

Pour ce faire, notons que nonobstant la difficulté à définir conventionnellement le terrorisme, faut-il signifier que toutes les formes de terrorisme ont un caractère commun : la maximisation de la terreur hors des normes juridiques. Terrorisme, ici, s'oppose donc au droit. Parlant de ce contexte de hors-norme juridique en rapport à la définition de terrorisme, on pourrait penser avant tout,à une macroscopie de la bestialité humaine, à l'oeuvre de bandits des temps nouveaux, au rapport de domination de l'homme par l'homme, aux politiques d'exploitation systématique, à la traite négrière, aux travaux forcés, au colonialisme, qui, au demeurant, tardent à s'effacer des mémoires. Cette forme toute particulière de terrorisme dont est victime le continent africain, fait penser que le terrorisme s'adapte, se déterritorialise et se ré-territorialise. C'est bien cela une sorte de géoterrorisme. C'est-à-dire une approche spatio-temporelle de ce que peut être le terrorisme, chacun se le représentant selon ses réalités et selon la densité de ses convictions.

S'il est ainsi évident que le géoterrorismen'est pas favorable à une définition universelle de ce qu'est le terrorisme, une dimension ontologique de l'acte terroriste, quant à elle, apparaissant avec la biotechnologie, peut tout de même prétendre à cet universalisme. Aux côtés des formes multiples de l'acte terroriste, se développe une forme insidieuse, peu médiatisée de terrorisme que le spécialiste camerounais de la bioéthique André TsalaMbani nomme le terrorisme ontologique. Il s'agit selon lui, d'une forme non moins horrible et crapuleuse

orchestrée par l'industrie biotechnologique au travers des techniques procréatiques telles que le diagnostic préimplantatoire (DPI), la recherche consommatrice d'embryon, le clonage humain et la cybernanthropologie ou la biotique, qui menacent de faire voler la nature humaine en éclats4(*).

On comprend qu'avec Mbani, la menace de la disparition ou de l'extraversion de la nature humaine est bien réelle,s'agissant de terrorisme ontologique du fait qu'il s'attaque à l'essence de l'homme lui-même. Cependant, en quoi cette dimension biotechnique relèverait-elle du terrorisme ? En réponse à cette interrogation, Mbani ajoute que la biotechnique est une menace mortelle contre la nature humaine et qu'en cela donc, la biopolitique se doit d'exercer « un contrôle plus strict sur les usages de la science et de la technologie à l'effet de conjurer cette apocalypse programmée »5(*). Pour lui, le terrorisme ontologique se résume en des attentats biotechnologiques projetés contre la nature humaine et qui sont en parfaite cohérence avec l'idéal de la posthumanité qui, lui-même présente des germes idéologiques nihilistes et évolutionnistes. C'est donc bien évident que soit pris en compte, parlant de terrorisme, l'ontologie. Et Mbani fait bien de nous le rappeler. Mais nous ne traiterons pas de ce cas qui échappe ou qui peut échapper à la subjectivité. Nous chercherons plutôt à comprendre le terrorisme, comprendre n'étant pas le fait de justifier mais de chercher à penser l'impensable selon les mots de Jacques Semelin6(*).Toutefois, de quel type de terrorisme s'agira-t-il principalement dans ce travail de recherche ?

Nous nous intéresserons d'abord auterrorisme d'Etat. Cela s'explique par le fait que cette sorte de terrorisme est bien présente en Afrique depuis les indépendances et nous y reviendrons dans notre développement. Il est l'exercice d'un État totalitaire qui use de façon excessive de son monopole,prétendulégitime, pour estropier des populations sans défense, pour leur imposer des idéaux. Il réside dans l'utilisation de la terreur, par une État, comme moyen de gouverner sa population. En cas de révolte de la part des populations lésées, le Léviathan7(*)réprime. Cela s'oppose, dans sa manifestation, au "contrat social"hobbesienqui stipule une abdication d'une partie des libertés individuelles en échange de la protection de l'État. Nous y reviendrons.

Nous chercherons également à comprendre le terrorisme en Afrique à partirdes relations inter-États qui semblent impacter son avènement. Pour preuve,disons que les stratégies de domination, qui se manifestent à travers la course au nucléaire et les alliances inter-États, constituent l'une des motivations du terrorisme. Le but se résume en le maintien sous oppression des paysen quête d'autosuffisance alimentaire par les Nations développées dont les armes sont de plus en plus sophistiquées. Ces nations puissantes exercent une sorte de dictat sur ces pays pauvres qui ne peuvent que se soumettre à leurs exigences. En ne garantissant que quelques interventions militaires dans ces pays qui ne finiront pas de sitôt avec des conflits tous azimuts, les puissances armées, se servant de leur droit au véto qu'ils se réservent jalousement, décident en lieu et place des autres Nations, de leur mode de vie.

Le droit de véto, dont disposent seulement cinq États au monde (la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie) sur les 15 membres du conseil de sécurité, estla forme la plus perceptible de cette expression de la terreur. L'Organisation des Nations-Unis (O.N.U), dans toutes ses composantes, n'est rien d'autre qu'une politique qui vise à faire accepter aux États, leur assujettissement aux vouloirs des pays ayant droit de véto. Et, seuls ces pays décident des conditions de possession du nucléaire, symbole d'une domination stratégique, de la puissance. Ce droit, dont disposent ces superpuissances, est l'expression d'une violence qui s'exprime sous la forme de privation et d'intervention en terres étrangères, souvent même sans y être invitées.

En somme, il apparait de ce constat que la possession du nucléaire, en vue de tenir en alerte l'opinion internationale sur l'ampleur du dégât que l'onest capable de provoquer, ne vise qu'une et une seule chose : être craint partous. Nousy reviendrons dans l'analyse géostratégique des relations internationales.

Notre analyse portera singulièrement sur le terrorisme en tant qu'événement majeur du XXIe siècle et perçu de façon générale, après les événements du 11 septembre 2001 contre les États-Unis, comme un agi crapuleux et horrible mené par des groupes dits islamistes, motivés par des convictions identitaires et/ou idéologiques.

L'identité ici, nous intéresse à plus d'un titre. Pourles tenants de cette mouvance terroriste, en effet, il s'agit, se fondant sur des prétextes idéologiques, de discréditer aux yeux de l'opinion publique, l'Occident et sa civilisation qu'ils jugent de favoriser la perversité à travers des notions de liberté et de démocratie. Leurs méthodes : soit l'assassinat politique, soit les attentats ou la méthode de frappes aveugles8(*)qui ont pour but, le meurtre arbitraire de victimes innocentes et impartiales. Il s'agit là de guerres non conventionnelles prenant parfois l'apparence d'une révolution et ayant pour objectif de saper le moral d'une nation ou d'un groupe de personnes, de banaliser la mort. Ces violences peuvent être soit l'acte d'un individu particulier (dans ce cas on parle de terrorisme individuel : perpétré par des rebelles ou des anarchistes), soit celui d'une organisation ou d'un groupe de personnes (on parle alors de terrorisme organisé, provoqué par des groupes défendant des idéologies).

Mais comment le terrorisme, tel que perçu à partir du 11 septembre 2001, comme l'oeuvre d'islamistes radicaux, est-il parvenu à troubler la quiétude des sociétés africaines ? Comment en sortir ? Telle est la visée de cette étude.

* 1 Yves LACOSTE, La géographie, ça sert, d'abord, à faire la guerre, Paris, La Découverte, 1985, p.10.

* 2 Yves MICHAUD, Violence et politique, Paris, Gallimard, 1987, p.10.

* 3Emilie ROBERT, « L'État de droit et la lutte contre le terrorisme dans l'Union européenne : Mesures européennes de lutte contre le terrorisme suite aux attentats du 11 septembre 2001 », Law. Université du Droit et de la Santé - Lille II, 2012. French. < NNT : 2012LIL20001>, < tel-00730914>, Thèse d'État, p.36.

* 4 André Liboire TSALA MBANI, Biotechnologies et Nature Humaine, Vers un terrorisme ontologique, Paris, L'Harmattan, 2007, p. 11.

* 5 F. FUKUYAMA, La fin de l'homme. Les conséquences de la révolution biotechnique, Paris, La table Ronde, 2002, p. 15. Cité par André TSALA MBANI, op.cit, p. 13.

* 6 Jacques SEMELIN, Purifier et détruire, Usage politique des massacres et génocides, Paris, Seuil, 2012, quatrième de couverture.

* 7Cette expression désigne selon Thomas Hobbes, le monstre symbolisant la force, le pouvoir, le mal. Son ouvrage le Léviathan est rendu célèbre pour avoir montré les origines du despotisme dans la disposition naturelle de l'homme à être « un loup pour l'homme ». S'opposant à la monarchie de droit divin », Hobbes fait reposer l'absolutisme sur un contrat par lequel les individus confèrent tous leurs droits à un seul souverain.

* 8 Michael WALZER, Guerres justes et injustes, Paris, Gallimard, 2006, p. 362.

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