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Faute et Châtiment. Essai sur le fondement du Droit pénal chez Friedrich Nietzsche

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par Rodrigue Ntungu Bamenga
Faculté de Philosophie saint Pierre Canisius Kimwenza, RDCongo - Bacchalauréat en Philosophie 2005
  

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République Démocratique du Congo

Faculté de Philosophie saint Pierre Canisius

Kimwenza - Kinshasa

FAUTE ET CHATIMENT

ESSAI SUR LE FONDEMENT DU DROIT PENAL

CHEZ FRIEDRICH NIETZSCHE

NTUNGU BAMENGA Rodrigue

Sous la direction MEMOIRE présenté en vue

du Professeur NKETO Lumba de l'obtention du grade de

Dr. en Philosophie Bachelier en Philosophie

KIMWENZA, juillet 2005

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION 3

Chapitre 1 : L'INTENTION DE NUIRE 5

I.1. LE RESSENTIMENT 6

I.1.1. Ou bien le maître est « bon » 7

I.1.1.1. Machines totalitaires du sadisme 8

I.1.1.2. Langage et pouvoir 10

I.1.2. Ou bien l'esclave est « bon » 11

I.1.2.1. Vengeance et « justice privée » 12

I.1.2.2. Soulèvement des esclaves dans la morale 13

I.2. CRIME, HUMAIN ET INHUMAIN 14

Chapitre 2 : LA VISEE DU CHATIMENT 16

II.1. LA LOI ET LA PHILOSOPHIE PENALE 17

II.2. LA MATIERE DE LA FAUTE 19

II.2.1. Triple dimension de la faute 20

II.2.1.1. La faute civile 20

II.2.1.2. La faute criminelle 21

II.2.1.3. La faute morale 23

II.2.2. Origine et fonctions du châtiment 26

II.2.2.1. La procédure pénale 26

II.2.2.2. Buts ou fonctions du châtiment 27

II.2.2.3. La rétribution 27

II.2.2.4. La prévention individuelle 28

II.2.2.5. L'intimidation collective 29

II.2.2.6. L'élimination 29

II.3. CHATIMENT ET VENGEANCE 30

Chapitre 3 : L'INDIVIDU COMME VOLONTE 32

III.1. Les méfaits de tout châtiment 32

III.2. Zarathoustra et la « Volonté de puissance » 33

III.3. L'Eternel Retour du Même 34

III.4. Le Surhomme 36

III.5. Droits de l'homme et crimes de guerre 36

CONCLUSION 38

BIBLIOGRAPHIE 40

INTRODUCTION

NIETZSCHE((*)*) savait que sa pensée la plus abyssale susciterait mille controverses. Le maître du Soupçon est encore coté trop bas, puisque son discours tente d'introduire un propos "scandaleux". En ce sens, nous reconnaissons avec Paul VALADIER un risque de contresens à aborder des questions relatives au Droit, comme si elles constituaient chez Nietzsche une référence de premier ordre. On ne peut lui trouver une place parmi les spécialistes du Droit. Par contre, Nietzsche généalogiste de la morale s'adresse particulièrement à la volonté de ses lecteurs : peuvent-ils entendre autre chose (de choquant) que les vérités admises a priori ?

Or cette démarche morale ne met pas en épochè les codes juridiques. Un Droit supposé valide, dans sa texture et son inspiration, ne peut aller contre l'éthique, vice-versa. Ainsi, s'il ne faut pas reconnaître à Nietzsche quelques disciples (parce qu'il était contre le conformisme) ou chercher dans ses écrits la question de l'Etre comme telle, l'on ne peut douter que le philosophe ait largement rencontré la question du politique et du Droit dans la pensée occidentale. Si cette question, chez lui, émerge d'un contexte généalogique de la morale, Nietzsche ne peut cependant étouffer sa passion pour un sujet dont il doit beaucoup aux écrits de Dostoïevski : le châtiment.

Abordant ce thème vaste et peu exploité, le présent travail voudrait interroger le juridique. Interroger sa conception propre du châtiment, pour en faire une autopsie. C'est pourquoi, partant de l'axiome : il n'y a pas de châtiment sans faute, pas de faute non plus sans intention criminelle, nous voudrions saisir le but de tout châtiment, car le Droit pénal a déçu. Branche du Droit public qui traite des infractions et des peines, définissant les faits punissables et les sanctions applicables, le Droit pénal nous apprend que toute punition vise toujours un bien individuel ou communautaire. Pourtant l'individu sanctionné est foncièrement volonté. Volonté de changer ou de recommencer un crime colossal.

Ainsi, notre lecture de la Généalogie de la Morale ouvre largement sur des questions précieuses : pourquoi faut-il punir une faute, alors que le bien accompli tous les jours n'est guère récompensé ? En quoi le châtiment est-il finalement bon, s'il ne voit en l'homme que son côté répugnant ? C'est que, jusqu'à un point de vue généalogique, les philosophies du Droit n'ont jamais compris : de quel droit la juridiction pénale prétend-elle punir une faute dont j'ai été la victime, en fixant la nature et l'ampleur de la peine à ma place.

Mais ces questions ne peuvent être résolues sans un effort méthodologique. La notion du châtiment relevant du Droit pénal, nous ne pouvons exclure les sources juridiques très enrichissantes, au risque de produire une dissonance sur les concepts. Ainsi, dans les pages qui suivent, notre méthode de travail sera comparative. Nous efforçant de comprendre la pensée de Nietzsche, nous puiserons également dans les textes du Droit pénal pour la compléter. Ce qui permet de subdiviser ce travail en trois parties. La première est introductive. Elle traite de l'intention de nuire, qui oriente toute la machine criminelle. Quand nous aborderons la seconde partie, pointe de notre travail, il sera question du châtiment proprement dit : visée, sens et contresens. La dernière partie enfin, parlant de l'individu comme volonté, sera une extension de la pensée nietzschéenne et son application au vécu africain.

* (*) Né en Saxe en 1844, Friedrich Nietzsche est un philosophe allemand. Auteur d'une immense bibliographie et d'une pensée riche, il fut nommé professeur de philologie antique à l'université de Bâle. Frappé de démence en 1889, Nietzsche mourut en 1900 à Weimar (Allemagne).

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