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Christiania : micro-société subversive ou "hippieland" ?

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par Félix Rainaud
Université de Poitiers - Master 1 Sociologie 2012
  

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UNIVERSITÉ DE POITIERS

DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE

Christiania : micro-société subversive ou « hippieland » ?

Mémoire de Master 1

 

Par Félix Rainaud

Sous la direction de Laurent Willemez

Septembre 2012

 

Remerciements

Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui m'ont permis de réaliser ce mémoire :

Mon directeur Laurent Willemez qui m'a accordé toute sa confiance,

Mes parents pour leurs relectures et leurs conseils précieux,

Silvia pour sa patience et ses encouragements jusqu'aux derniers instants,

Toutes les personnes rencontrées lors de mon Erasmus à Copenhague,

Le réseau Sqek pour leurs généreux conseils bibliographiques,

Jean-Manuel Traimond pour ses conseils avisés,

Sans oublier toutes celles et ceux qui m'ont accompagné de près ou de loin au cours de l'année écoulée.

Table des matières

Introduction 5

Première partie : Cadre théorique, hypothèse, méthodologie 8

1.1 Cadres théoriques 8

1.2 Problématique 13

1.3 Hypothèses 14

1.4 Méthodologie 15

Deuxième partie : Christiania et le modèle danois 18

2.1 Eléments de contextualisation de l'histoire politique contemporaine du Danemark 18

2.2 Approche historique de Christiania 24

2.3 Des relations avec les autorités danoises 28

2.3.1 Mise en place de l'action publique : problématisation de Christiania 28

2.3.2 Un espace stigmatisé 31

2.3.3 De « l'expérimentation sociale » à la « normalisation » 35

2.4 Christiania au parlement 39

Troisième partie : Un lieu symbolique 44

3.1 Une « ville libre »  au coeur de la capitale 44

3.2 Vivre la ville autrement 48

3.3 « Une utopie comme les autres » 50

3.4 Mobilisation, promotion et défense du freetown 52

3.4.1 Répertoire d'action collective de la mobilisation pour la défense de Christiania 53

3.4.2 Christiania dans les médias 58

Quatrième partie : Un espace à double tranchant pour les autorités 60

4.1 Un espace subversif... 60

4.1.1 Un fonctionnement selon des principes libertaires 61

4.1.2 De faibles manifestations politiques 64

4.1.3 De la subversion par la (contre-) culture 69

4.1.4 Une institutionnalisation progressive 73

4.2 ... qui représente néanmoins des avantages pour le gouvernement 75

4.3 Le double défi de la mondialisation et de la gentrification : un contexte international de mutation du paysage urbain 77

Conclusion 84

Bibliographie 86

Annexes 93

Introduction

Christiania semble pouvoir être qualifiée de zone autonome permanente, selon la définition d'Hakim Bey, écrivain américain qui est principalement connu pour ses théories des zones autonomes1(*). Auto-proclamée « ville libre », le quartier de Christiania s'auto-organise selon des principes de démocratie directe et offre un contraste saisissant avec le reste de la ville, bien plus commun aux grandes villes traditionnelles.

Bien qu'il existe ou ait existé d'autres expériences de « zones autonomes permanentes » à travers le monde, Christiania parait toutefois atypique. A la différence des villages autogérés du Chiapas et d'Oaxaca au Mexique, fruits d'une lutte armée entamée par une partie de la population qui s'est élevée face aux autorités, Christiania a été conquis de manière pacifique, face à la quasi-indifférence des autorités en 1971. Sa particularité provient aussi de sa situation géographique : en plein centre-ville d'une capitale européenne, à un kilomètre à peine du parlement s'érige donc, une zone auto-proclamée « ville libre » (« freetown »), en opposition et en décalage total avec l'image de la métropole. Les quarante ans de la « ville libre de Christiania » (« Fristaden Christiania » en danois) furent célébrés par une semaine entière de festivités à partir du 26 septembre 2011.

Tout cela implique une série de questionnement concernant les relations entre l'Etat, et les différentes institutions compétentes, en résumé « le pouvoir », et Christiania, ainsi que sur la portée contestatrice d'une telle « ville libre » après quarante ans d'existence.

Afin de saisir au plus près la réalité et l'exposer ici, il m'a semblé intéressant d'essayer de rendre compte de la vie, de l'organisation et du fonctionnement du freetown. Ses relations avec le gouvernement et la police sont également des éléments qui apportent des réponses sur les tensions et les enjeux que Christiania représente. L'évolution du contexte politique et social, phénomènes intimement liés, sont aussi bien sûr des éléments clés qu'il faut situer. Toutes ces pistes de compréhension sont aussi à remettre dans un contexte de compétition mondiale entre grandes métropoles et le phénomène de gentrification.

Enfin, et pour reprendre les termes de journalistes de Libération, est-ce que d'un espace révolutionnaire, de contestation sociale actif, Christiania n'est devenu qu'une « respectable microsociété alternative »2(*), dépossédée de son caractère subversif ; et si tel est le cas, qu'est ce qui a tué la subversion à Christiania ?

La première partie de ce mémoire consiste en un cadrage théorique m'ayant progressivement amené à définir avec plus de précision une problématique. J'y présenterai également les hypothèses de départ, d'autres apparues durant mon travail sur le terrain, ainsi que la méthodologie utilisée pour ce travail de recherche.

La deuxième partie quant à elle sera l'occasion d'une analyse socio-historique : par une contextualisation du freetown dans la société danoise dans un premier temps puis par une approche socio-historique de la ville-libre en elle-même. Cette deuxième partie présentera aussi les relations entre les autorités et Christiania, dont notamment une analyse des discussions à ce sujet au parlement danois.

Ensuite, la troisième partie sera consacrée à la portée symbolique de Christiania : de par sa promotion d'un modèle différent, son caractère utopique, et les luttes et les moyens mis en oeuvre pour sa défense jusqu'à aujourd'hui.

Enfin, la quatrième et dernière partie cherchera à définir la place de cette ville-libre dans la capitale danoise, pour ses habitants et pour les autorités, en posant notamment la question de son supposé caractère subversif et les menaces qui pèsent sur elle dans un avenir plus ou moins proche.

Figure 1 « Noms des zones, routes, places et bâtiments mentionnés dans le plan local. Carte réalisée par la commune de Copenhague »

* 1 L'article Wikipedia sur les Zones autonomes permanentes cite Christiania comme exemple.

Zone autonome permanente. (2011, mars 1). Wikipédia, l'encyclopédie libre. Page consultée le 11:48, octobre 7, 2011 à partir de https://secure.wikimedia.org/wikipedia/fr/w/index.php?title=Zone_autonome_permanente&oldid=62769745.

* 2 Arnaud AUBRON Benoît de BESSES, « A Christiania, les babas coulent », liberation.fr, 06/09/2000 http://www.liberation.fr/monde/0101345588-a-christiania-les-babas-coulent (consulté le 07/10/11)

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