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La Littérature Hypertextuelle, analyse et typologie

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par Aurélie CAUVIN
Université de Cergy Pontoise - Maitrise de lettres Modernes 2001
  

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Université de Cergy-Pontoise

UFR Lettres et Sciences Humaines

Département de Lettres Modernes

Aurélie CAUVIN

LA LITTERATURE HYPERTEXTUELLE : ANALYSE ET TYPOLOGIE

Mémoire de maîtrise de Lettres Modernes

(Mention )

Sous la direction de

Jean Pruvost

Professeur

JUIN 2001

I. Introduction 7

II. le livre opposé à l'hypertexte : historique et théorie 10

A. Terminologie 11

1. L'hypertexte et le web 11

2. Hypertexte : noeud et liens 12

3. Hypertexte, composés et dérivés : hypermédia, hypertextuel, hyper- 13

B. Aperçu historique de l'hypertexte 15

1. Le rêve d'un texte illimité 15

2. Les fondateurs de l'hypertexte 15

a) Vannevar Bush et Memex 15

b) Paul Otlet et la bibliophoto 17

c) Douglas Engelbart et NLS 18

d) Ted Nelson et Xanadu 18

3. De l'utopie à la réalisation : Bill Atkinson et Hypercard 19

4. L'hypertexte et Internet : Tim Berners-Lee et le World Wide

Web (W3) 20

5. Le cédérom comme support de transition pour l'hypertexte 22

C. L'hypertexte comme réseau de texte 24

1. Théorie de la convergence : intérêts et limites 24

a) La pluralité des représentations 25

b) La pensée fragmentaire 25

c) L'interconnexion des textes 26

2. Hypertexte : informatique et/ou littérature ? 27

D. La métaphore du rhizome 30

1. Présentation de Gilles Deleuze et de Mille Plateaux 30

2. Le rhizome comme représentation du livre 30

a) La remise en cause du livre dit « classique » 30

b) Pour un livre rhizome 31

3. Le rhizome comme représentation d'Internet 33

4. Le rhizome comme représentation du réseau hypertextuel 34

5. Tableau récapitulatif 36

E. Du lecteur consulteur au lecteur interactif 38

1. Le dictionnaire comme modèle de consultation 38

2. le lecteur interactif 40

D. le codex vs hypertexte 41

III. Naissance de l'hyperfiction française délimitation du genre : définition et typologie 42

A. Historique de 1996 à l'aube du XXIe. Siècle 42

1. De 1994 à 1998 : les prémisses 42

2. De 1999 au XXIème siècle : le livre concurrencé 43

a) 1999 : une année préparatoire. 43

b) l'an 2000 : le « big-bang » 44

· Les oeuvres 44

· Le Livre numérique et livre électronique : une distinction signifiante. 45

c) 2001, une continuité logique 47

B. L'hyperfiction : essai de définition 48

1. Néologie par emprunt ou néologie formelle, choix du terme 48

2. L'hyperfiction chez ses auteurs et l'usage. 51

C. L'hyperfiction dans la littérature internétaise française d'aujourd'hui : esquisse de typologie 53

1. l'hypertexte littéraire, l'hyperlivre et les bases de données 54

a) hypertexte narratif vs hypertexte littéraire 54

b) Le livre et l'hypertexte : complémentarité et paradoxe. 55

· Une constante : l'opposition au codex 55

· Le renvoi et l'organisation : une complémentarité 58

c) Les aides de lecture et le libre choix de navigation 59

2. La génération automatique de texte 62

a) Littérature et informatique : de l'Oulipo à l'Alamo 62

· L'Oulipo et ses enjeux 62

· De l'Oulipo à l'Alamo 62

b) La génération automatique des textes : Trajectoires 63

c) L'hyperfiction et la génération automatique de texte 64

· La navigation du lecteur 64

· La métamorphose de l'oeuvre : rêve de l'illimité 65

3. Le lecteur potentiel : des distinctions éclairantes 67

a) Narrataire/narrateur - Lecteur/auteur 67

b) Le narrataire dans l'hypertexte de fiction 67

4. Le récit interactif dans la littérature pour la jeunesse 69

a) La lecture comme jeu 69

b) Le labyrinthe de l'interactivité 70

c) La lecture de l'énigme 70

d) Un exemple de schéma : La pyramide truquée 71

e) La reprise du schéma dans NON 72

5. L'écriture participative : du lecteur au scripteur 74

a) Le possible dialogue avec l'auteur 74

b) De l'auteur au scripteur 74

c) Le roman participatif, collectif 75

d) Le collectif : une complémentarité 78

6. Le roman feuilleton 79

a) Des tentatives de roman feuilleton sur Internet 79

b) Le «work in progress» : le spectacle de l'épisode 80

c) Un exemple de livraison par épisode : Apparitions inquiétantes. 81

D. Conclusion 83

IV. Le lien et l'organisation de la fiction : essai de typologie 86

A. Les renvois de navigation : 87

1. les liens externes 87

2. les liens internes : la métonymie 89

B. Liens internes de l'hyperfiction 91

1. Les mécanismes de liaison 91

2. Lien organisationnel comme reflet du sens 94

a) Des liens uniquement numérotés 94

b) L'alternance numérotation et sémantique 97

3. Liens et composantes de la fiction 99

a) Les personnages 99

b) Le temps et l'espace 100

· L'espace 101

· Le temps 103

4. Deux textes en parallèle : A vers B (lien retour) 104

a) Qui veut tuer Fred Forest 104

b) Poids de naissance 105

c) Quelques exemples de mécanismes dans Poids de naissance 108

· La métonymie 108

· La personnification 109

· L'argumentation : de l'argument à l'exemple 109

· Explication : lien de cause à effet 110

C. Des exemples de liens relatifs aux dictionnaires et aux définitions 111

1. La lexicographie comme intertexte : dictionnaire et littérature 112

a) De littérature à littérature 112

· Reprise du Dictionnaire des Idées reçues de Flaubert. 112

· Système des liens 113

· Définition 114

2. De la littérature à la lexicographie 115

a) Le dictionnaire comme lecture 115

b) L'étymologie 117

· Le rôle de la définition 118

c) Le dictionnaire de langue 119

· Seul 119

· Jardin 120

· Attente 121

· Ailleurs 122

d) L'encyclopédie comme modèle d'écriture 123

D. Le renvoi hypermédia 125

1. L'image comme lien vers un texte 126

2. L'animation 128

3. Le son et la vidéo 128

E. Conclusion 129

V. Conclusion 131

VI. Bibliographie 134

A. Corpus 134

a) Monographies 134

b) Logigraphie 134

c) Format numérique « collection 2003 ». 134

d) Sites Internet

e) Roman collectif, contributif 136

B. Monographies 137

C. Articles 140

D. Recherche 141

E. Lexiques, dictionnaires, glossaires. 142

F. Revues, journaux et sites connexes 143

G. Groupe de discussion, liste de diffusion 144

H. Interventions, journée d'études 145

I. Introduction

La littérature hypertextuelle, connue aussi sous le nom de littérature numérique, s'intègre dans l'histoire des pensées du XXe siècle. Elle est liée au développement technologique et aux nouvelles possibilités offertes par l'Internet et les Nouvelles Technologies d'Information et de Communications (NTIC) en même temps qu'elle s'inscrit dans le prolongement de différents courants littéraires : volonté de déconstruction du récit de la part des écrivains, antiroman, roman d'aventure, littérature expérimentale. Cependant l'hypertexte aujourd'hui est un concept défini très aléatoirement : dans son histoire il a été associé à divers disciplines, et les définitions données aujourd'hui peinent à se détacher de ses implications originelles. La définition donnée par la Délégation Générale à la Langue française apparaît comme la plus simple : « système de renvois permettant de passer directement d'une partie d'un document à une autre, ou d'un document à d'autres documents choisis comme pertinents par l'auteur » mais aussi la plus réductrice.

En fait l'hypertexte s'accompagne de différentes propriétés : non-linéarité, virtualité, fragments, interactivité, dé-limitation. Ces différentes caractéristiques ont été expérimentées séparément par les auteurs au cours de l'histoire de la littérature, mais il faut considérer ces propriétés comme inséparables pour pouvoir aborder cette littérature « nouvelle ». La littérature hypertextuelle serait donc une « nouvelle » forme de littérature, mais le sujet ne traitera ici que de la fiction ou plus précisément de l'hyperfiction, désignée également par Jean Clément de fiction interactive ou fiction hypertextuelle1(*).

L'hypertexte, est avant tout une structure, un support caractérisé par la non linéarité, qu'il ne faut pas confondre avec la non linéarité du récit. Le roman qui en résulte est souvent comparé à la structure d'un rhizome : le rhizome est une tige souterraine des plantes vivaces qui pousse des bourgeons au dehors et émet des racines adventives à sa partie inférieure.. Faut-il considérer cette littérature comme nouvelle ? Ou considérer quelle n'est que le prolongement logique de la littérature du XXe siècle ? L'hyperfiction est-elle un nouveau genre littéraire ? Peut-elle se classer du coté de la littérature, de la paralittérature ?

L'hyperfiction est un genre né au États-Unis, les auteurs étaient organisés autour d'un logiciel commun : Storyspace, un éditeur commun : Eastgate Systems, et d'un livre fédérateur : Writing Space2(*) (1991), de Jay David Bolter. La première hyperfiction américaine voit le jour en 1986, Michael Joyce qui dès 1984 avait travaillé sur le logiciel Storyspace avec Jay David Bolter écrit Afternoon, A story. Cette oeuvre est considérée comme la première hyperfiction. Suivront ensuite d'autres oeuvres éditées chez Eastgate Systems. Le 15 août 1993, le supplément littéraire du New York Times est consacré à l'hyperfiction et à ses auteurs, à travers Robert Coover, professeur et écrivain d'hyperfiction, texte repris par le courrier international n°151du 23 Septembre 1993. Mais du côté français, il faut attendre 1996 pour voir apparaître les premières hyperfictions non pas en ligne mais sur support cédérom.

Le corpus se fonde sur des oeuvres contemporaines, les supports sont variés : cédérom, en ligne...Les oeuvres apparaissent comme hétérogènes, mais l'exhaustivité, quand nous analysons le réseau Internet paraît difficile. Aussi la plupart des oeuvres sont reconnus par les journaux, les magazines spécialisés ou, elles s'inscrivent dans un réseau institutionnel.

Dans quelles mesures ses oeuvres peuvent-elles être considérées comme des hyperfictions et comment se rattachent-elles ou au contraire se détachent-elles des oeuvres de fiction dites « classiques » ? L'hyperfiction demeure en concurrence avec d'autres formes de littérature hypertextuelle ou hypermédia sur Internet. Les auteurs français n'apparaissent ni fédérés, ni conscient de faire partie d'un groupe. Comment se situent-ils par rapport aux autres littératures concurrentes ou complémentaires sur Internet ? Comment sont-ils considérés par les institutions ?

Le premier chapitre replace la genèse de l' hypertexte et donc d'Internet  dans l'histoire des idées : philosophiques, technologiques et littéraires, de manière à dégager les concepts essentiels à l'analyse de ce nouveau média qu'est Internet et en quoi l'hypertexte est une notion définie aléatoirement et en implication avec ses origines. Trois grands domaines sont à l'origine de l'hypertexte : la technologie, les principes de lecture-écriture, l'épistémologie. Cette partie tentera également d'expliquer comment Internet remet en cause la représentation du livre.

Elle s'organise en six axes : en premier lieu un aperçu terminologique fondé à partir des définitions en usage dans les dictionnaires, tentera de radiographier les sens commun contenu dans la notion de l'hypertexte. Pour éclairer cette notion, le deuxième axe situera l'hypertexte dans son histoire technologique. Le troisième axe est fondé sur la théorie de la convergence établie par Georges Landow, cette théorie opère essentiellement autour de la mise en relation de termes, et notamment sur le rapprochement des critiques littéraires, comme, Rolland Barthes, Jacques Derrida, Gérard Genette...Le quatrième axe s'articule autour de l'interprétation d'Internet et de l'hypertexte comme rhizome. Le terme de rhizome est emprunté à Gilles Deleuze, et sera repris ensuite par Mireille Buydens, et Pierre Levy, deux exégètes des réseaux. Il reste à définir le rôle du lecteur, le lecteur avait déjà une lecture active dans la consultation d'un dictionnaire avec Internet il est devenu d'une part un lecteur planétaire, et d'autre part un lecteur dit interactif. Pour conclure sur ce chapitre les traits sémantiques du codex s'oppose à ceux proposée pour l'hypertexte.

Le second chapitre, plus descriptif, tentera de replacer l'hypertexte de fiction dans la littérature « internétaise » d'aujourd'hui, « cybertextuelle ». Tout d'abord le terme d'hyperfiction est considéré comme un néologisme et son avènement se radiographie dans et par les usages. Ensuite l'hyperfiction se situe dans le ou les réseau de la littérature pré-électronique et celui de la littérature en ligne ; une typologie, rendue nécessaire, afin de comprendre l'hyperfiction comme une confluence d'influence. Cette partie consacrée au livre dans tous ses états abordera l'hyperfiction dans son opposition avec le livre, paradoxe ou bien complémentarité ? Elle tentera aussi de radiographier le lecteur dans tous ses états afin de définir les limites de l'interaction auteur-lecteur, rendue possible par le nouveau média qu'est Internet. L'interactivité tant revendiquée est-elle véritablement possible ? Quelles sont les limites, les paradoxes, les contraintes, de l'hypertexte ? De l'hyperfiction ? De l'interactivité ?

Le troisième chapitre est fondée sur l'analyse de l'analogie, des mécanismes sémantiques permis par l'hypertexte. Dans quel mesure le lien, le renvoi sur lequel se fonde l'hypertexte et dont il se réclame renouvelle le roman, fait apparaître les liens logiques, analogiques, quels sont les mécanismes, peut-être jouant sur le ludisme qui fondent l'hypertexte. Les liens réorganisent en effet le roman, les liens seront analysés d'une part en fonction des liens en usage sur Internet, d'autre part sur les liens internes de la fiction. Le lien fait aussi apparaître en arrière plan d'autres textes : citation d'oeuvres choisies, commentaires des personnages, voire des définitions de dictionnaires. De plus le réseau permet d'insérer d'autres type de liens comme par exemples des images, des vidéos, du son, ces derniers seront étudiés en dernier.

* 1 Jean Clément, article «hyperfiction » in Encyclopaedia Universalis.

* 2 Jay David Bolter, Writing Space : The Computer Hypertext and The History of writing,

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